lundi 14 décembre 2009

Un dimanche à la campagne... chez Ikea


Un dimanche matin, matin gris. C'était prévu, nous allions chez Ikea : en prévision du changement de lit d'Augustin et du réaménagement consécutifs des chambres, il nous fallait des couettes, des housses de couette, des tapis, des tables pour enfants, des trains, des canapés, des fauteuils et un raton-laveur.


9h50, tout le monde trépigne d'excitation à l'idée d'aller chez Ikea. Nous nous apprêtons donc dans la joie et chaussons tous les enfants. Tous ? Non : au fond du salon, tout à coup et sans raison apparente pour un adulte, un irréductible refuse tout net d'être chaussé.

10h05, nous sortons de l'immeuble pour aller à la voiture, tous bavardant, Niels hurlant, dans un bien-être sûr relatif.

10h35, nous entrons dans le magasin, et nous dirigeons vers l'espace enfants, auquel nous avons préparé Augustin à grands renforts de : "tu verras, tu vas bien t'amuser !".
Il est très impatient.
C'est très fermé.
D'habitude, c'est ouvert le dimanche, notez bien, mais pas aujourd'hui, voilà. Bon.

10h38, nous prenons l'ascenseur vers l'exposition.

[Flash-back]
L'été dernier, quand nous avions refait la chambre d'Augustin en vert et blanc, et qu'il s'en était déclaré peu satisfait, nous lui avions dit que nous mettrions un peu de couleur en achetant des objets de décoration, orange par exemple. "Bleus", avait-il rétorqué. Soit, le bleu nous allait aussi très bien.
Et notamment, nous avions prévu de lui trouver une table bleue, pour qu'il puisse dessiner tranquillement dans sa chambre, vu que c'est l'une de ses activités préférées.
[/Flash-back]

11h20, après un tour d'exposition très réussi au cours duquel nous avons même pu choisir nos futurs canapé et fauteuil que nous achèterons quand nous aurons le temps, nous arrivons à l'espace "chambre d'enfant". Nous décidons cependant d'aller déjeuner avant tout le monde et de faire nos achats ensuite.

11h30, Marion s'occupe des menus, je suis à un espace jeux avec les enfants, j'ai réservé une table, ça baigne.

11h40, nous déjeunons. Les enfants, eux, rechignent à rester assis.
Baptiste prend une frite, il va la manger à l'espace jeux.
Niels arrive en courant, il prend une frite, il repart en courant la manger à l'espace jeux.
Baptiste arrive en courant, il prend une frite, il repart en courant la manger à l'espace jeux.
Augustin prend trois frites, il fonce les manger à l'espace jeux.
Baptiste arrive en courant, il prend une frite, il repart en courant la manger à l'espace jeux.
Niels arrive en courant, il prend une frite, il repart en courant la manger à l'espace jeux.

Baptiste arrive en courant, il prend une frite, il repart en courant la manger à l'espace jeux.
Augustin prend trois frites, il fonce les manger à l'espace jeux.


12h30, fin du repas, nous débarrassons le champ de bataille, et retournons à l'espace "chambre d'enfant", dans lequel nous libérons les enfants. L'une achète, l'autre surveille, c'est la méthode.

12h33, Niels a fait caca, je vais le changer.

12h39, Augustin a envie de faire caca. Je lui demande de se retenir le temps que Marion revienne de sa tournée acheteuse, puis je l'emmène. Comme il s'est retenu, nous devons faire preuve d'un peu de patience pour que l'envie revienne, ce qui nous donne l'occasion d'avoir une conversation très intéressante - et parfaitement audible – sur les cacas qui s'en vont quand on les retient, et qui ont du mal à revenir, et qu'il ne faut pas serrer les fesses et être patient, tout ça.

12h41, à la satisfaction générale, le caca revient : "aaaah, le voilà !", clame Augustin, triomphant.

12h42, Augustin s'arrache la peau des mains avec le nouveau sèche-mains surpuissant Dyson (je conseille la visite chez Ikea à ceux qui ne connaissent pas encore…). Il apprécie modérément, pour ne pas dire que ça lui fait franchement peur.

12h45, nous avons dans notre sac jaune deux housses de couette bleues avec du vert dedans, qui iront très bien avec le petit fantôme bleu, un filet à jouets bleu, plus des housses multicolores pour les plus petits ; nous hésitons sur les couettes proprement dites.

12h46, Baptiste a disparu.

12h47, nous cherchons Baptiste.

12h49, Marion a retrouvé Baptiste. Nous le plaçons entre nos deux paires de jambes pour faire tranquillement le point sur les couettes, chaudes, très chaudes, mixtes, combinables ? hein ?
Pour Niels, pas de problème, tout le monde sait qu'il est au bout du marteau qui nous casse méthodiquement les oreilles depuis ¼ d'heure. Augustin quant à lui est super raisonnable.

12h50, Baptiste a disparu. Je jure que c'est vrai.

12h52, Marion a retrouvé Baptiste (elle est en phase avec lui). Il a à la main une tasse de dînette qu'il a cassée – chez Ikea ils font les dînettes en porcelaine, ah ah ah ! Nous la rapportons à la charmante vendeuse Ikea du secteur, celle avec qui, un peu plus tôt, j'ai eu une agréable conversation sur les inconvénients auditifs de travailler dans une structure qui propose aux jeunes enfants des jeux à base de marteaux.

12h53, la vendeuse s'avise qu'il y a du sang sur la tasse, et se met en tête de soigner Baptiste. Nous laissons faire : déjà qu'on passe son temps à les paumer, si en plus on refuse de les soigner…

13h01, la vendeuse a retrouvé son kit de survie, Baptiste a un superbe pansement, il est attaché dans la poussette, nous n'avons toujours pas de couette, mais nous avons choisi le petit bureau bleu qui ira dans la chambre d'Augustin.

13h03, nous mettons également Niels en poussette, pour continuer la visite. Il hurle, brièvement, mais TRES fort.

13h19, nous sommes au rez-de-chaussée, étage libre-service, nous finissons nos achats, la couette est là, la situation est sous contrôle, bien qu'on commence à déceler une légère fatigue chez les enfants et chez les parents.

13h20, je charge le carton contenant la table d'Augustin dans le chariot, tout en lui disant d'un ton enjoué : "Voilààà, ton beau bureau bleuuuuuu"

"Je le veux PAS bleu, je le veux rouge !"

Je jure que c'est vrai.

"Mais mon chéri, rouge ce sera pas joli, c'est toi qui voulais du bleu, et nous, on a acheté des housses de couette bleues, des filets à jouets bleus, alors le bureau on va le prendre bleu, hein, mon chéri, c'est toi qui a choisi le bleu, rappelle-toi"

"Je le veux rouge et puis c'est tout !".

Et paf, il éclate en sanglots, moitié rage moitié fatigue. C'est l'extase.

13h28, impasse dans les négociations. J'ai suggéré d'autres couleurs, proposé des chaises rouges avec bureaux blancs, puis j'ai tenté de trouver les bureaux rouges qui en plus ne sont pas disponibles au même endroit que les bureaux bleus, sans succès. Quand je reviens, je trouve Marion et Augustin, assis accablés sur des piles de cartons, Baptiste dort à moitié dans sa poussette, c'est Waterloo chez Ikea, seul Niels semble encore à peu près vaillant. Je m'assois aussi (y pas de raison).

13h31, je dis, faiblement : "tu sais, Augustin, si tu étais d'accord pour un bureau blanc, avec une chaise blanche, je crois que tout le monde serait content".

"D'accord", me répond-il !

13h31 et 30 secondes, à la vitesse de l'éclair je saisis un carton avec un bureau blanc dedans, un autre carton avec une chaise blanche dedans, et nous filons à la caisse payer tous nos achats avant qu'Augustin ne change d'avis.

13h50, tout est payé, les meubles sont chargés dans le coffre, les enfants sont chargés à l'arrière, les adultes sont effondrées à l'avant, les objectifs de la matinée sont atteints, et nous repartons l'esprit en paix.


Qu'est-ce que c'est chouette, une matinée chez Ikea.

3 commentaires:

IomStl a dit…

Estelle et moi morts de rire !
De notre coté, nous avons fait l'expérience du presque luxe en ameublement, avec une visite chez BO concept (c'est danois, décidément, qu'est-ce qu'ils ont dans le chnord avec les meubles) avec Milo. Là, meubles design et conseils déco personnalisés assis autour d'une table, et autour d'un café (?). La décoratrice d'intérieur (vendeuse quoi) utilise un logiciel d'architecture intérieure. Compter trois-quart d'heure pour la saisie du plan de la pièce... Ben oui, nos murs ne sont pas à angles droit. Ben oui, y'a un pilier. Ben oui, la cuisine est dans le salon et l'inverse est vrai aussi. Ben oui la cheminée est en pan coupée. Puis vient la sélection des meubles. BO, c'est bien, c'est modulaire (customisable qu'on dit au niveau de la designuese d'intérieur). Canapé (modulaire, avec ou sans méridienne, d'angle ou pas, choix des tissus, table basse (ouf, celle-là nous l'avions déjà achetée lors d'une visite précédente, le modèle on connait, meuble télé, tapis... Passons à la cuisine maintenant. Choix de la table de cuisine, des chaises. C'est long, nous avons soif, hop, petite bouteille d'eau badgé BO, c'est bien fait, on peut pas s'échapper, y'à même de quoi manger je suis sûr. Ça fait 2h30 que nous sommes là, la designeuse agrée d'intérieur en architecture du conseil est très gentille et très patiente. Elle fait tout bien comme il faut (comme par exemple, le mur en pierre qu'on a à la maison, ben hop, revêtement du mur du fond : en pierre) (+10min pour trouver la bonne couleur des pierres, une acharnée de la précision...). Pendant ce temps là, Milo, tranquille, se balade dans le magasin, d'ailleurs, il... il... il est où ? Nous partons Estelle et moi dans des directions opposées, à moi les chambre à coucher à elle les canapés, opération recherche du Milo. Nous plantons la vendeuse d'intérieur là, le doigt sur la souris, lui tournons le dos.
"Nooooooon !!!!", Estelle et moi nous retournons, ouf, la décoratrice a retrouvé Milo, là, sous le bureau, le doigt sur quoi, rouge, là, si, si, l'interrupteur de la prise multiple sur laquelle est branchée l'ordinateur de notre conseillère. Clic. "Nooooooooooooon !!!!!!!!!"

Une a dit…

Ah la vache, moi aussi, j'ai bien ri à la lecture de vos aventures !

nath a dit…

waouh! Finalement, les zados ça a du bon...Quoique...Je vous confirme dès qu'on refait la chambre de Maéva