lundi 24 août 2009

Retour de vacances en forme de flash-back

C'était il y a deux ans. Nous venions d'emménager dans notre nouvel appartement pour y accueillir nos bébés à naître, et, ayant emménagé, il fallait aménager.

Et notamment, installer des étagères sur crémaillères pour accueillir mes livres (l'appartement accueille nos enfants, les étagères mes livres - ceux-ci étant 450 fois plus nombreux que ceux-là *)

J'avais depuis peu une magnifique perceuse-perforatrice, mais j'étais dans l'incapacité de m'en servir, ayant les bras trop courts, ou le ventre trop gros comme on voudra, pour atteindre le mur à percer – il me semble même que j'avais du mal à soulever la perceuse !

Bref, Marion travaillant, nous avons fait appel à un type qui venait d'ouvrir sa boîte de services à la personne, sa femme faisait du ménage, lui du bricolage, et sa fille autre chose en age que je ne me rappelle pas.

Tout était prêt, chevilles, vis, tournevis, crémaillère, perforatrice, étagères, scie sauteuse (oui, il fallait recouper les étagères aux bonnes dimensions), règle, équerre, établi ; la prestation avait été évaluée à deux heures de travail, et je m'apprêtais déjà à ouvrir les premiers cartons pour ranger mes bouquins, quand le brave homme est arrivé.

Pour commencer, il a fallu que je lui explique comment prendre les mesures pour recouper les étagères : je vois, de loin, tous ceux qui m'ont déjà vu prendre des mesures, puis les rectifier allègrement au fur et à mesure que j'avance dans mon ouvrage** commencer à ricaner.

Ensuite, il a commencé à percer ses premiers trous, dans un mur plein, certes, mais pas non plus du béton armé de première classe. Il a eu du mal. Ca a été très long. Puis il a mis quelques chevilles. Puis il a examiné les vis. Puis il a tenté de visser les vis. Il a eu du mal. Ca a été très long. Il a installé une étagère, puis deux.

Inutile de dire que je bouillais.

Au bout de deux heures et demie, il a renoncé, m'annonçant qu’il reviendrait avec un tournevis plus moderne, parce que là, vraiment, c'était trop dur de visser tout ça.

Quand Marion est rentrée, et que je lui ai raconté l'affaire, elle n'en pas cru ses oreilles.

Puis elle a empoigné la perforatrice de ses gros bras musclé, elle a percé les trous qui manquaient, a vissé tout ce qui restait à visser, et a installé les étagères, sur lesquelles j'ai pu amoureusement ranger mes livres par ordre alphabétique, livres pour lesquels, curieusement, je n'avais pas les bras trop courts, sans compter que je commençais à avoir furieusement envie d'accoucher.

C'est depuis ce jour que nous avons agrémenté notre vocabulaire de l'expression "guignolo-bricolo" ***, expression qui nous rend bien des services…

Le rapport avec nos vacances ? Il y en a un, et j'y viendrai… une prochaine fois !





* Anne-Sophie confirmera-t-elle le bon usage, ou pas, :de ceux-ci / ceux-là ? suspense inquiet…

** J'adore bricoler. Mais je dois admettre que j'ai quelques difficultés dans la conception de mes réalisations (dans la fabrication aussi, mais c'est une autre histoire). Aussi, je suis totalement incapable de réaliser le moindre bricolage sans me rendre trois fois de suite, au minimum, dans le magasin le plus proche pour compléter mes fournitures… ou les changer ! Au Bois Cabannais, on me voit chaque année revenir avec un mélange de terreur et de ravissement…

*** Le lendemain, par ailleurs, il a fallu que j'appelle le monsieur pour lui expliquer que ce n'était pas la peine qu'il revienne, que ma compagne avait terminé le travail, et qu'il veuille bien nous envoyer la facture s'il-vous-plaît.
"Mais comment a-t-elle fait ?", marmonnait-il, tout déconfit
"Beeeen, elle a pris le tournevis et elle a vissé, quoi"
"Mais c'était impossible à visser, comment elle a fait ?"
"Beeeeeeeeeeeeeeeen, je ne sais pas, elle vissé, quoi"
Le mal que nous avons fait à l'ego de ce pauvre homme, c'est terrible.

4 commentaires:

nath a dit…

Non mais quel suspens!!! Je bous...
A part çà, chez nous, l'expression c'est "bricolage à la Philibert",...(Cf le placard de Maëva, pour ceux qui connaissent.)

Anne-Sophie a dit…

Pour "ceux-ci/ceux-là", Emmanuelle s'en tire avec les honneurs. On devine là que parmi les 450 livres les étagères supportent un Grevisse ou assimilé qui a été lu (ou parcouru) dans un autre temps, à des heures perdues…

Une a dit…

hum... C'est de 1350 livres qu'il s'agit, j'ai aussi le dictionnaire de mathématiques de Stella Baruk !

Anonyme a dit…

Eh oui, je me suis rendu compte trop tard, le "commentaire" était déjà parti, que je n'avais pas prêté attention au type de rapport mathématique entre "ceux-ci" et "ceux-là"…